20 août 2018

L'entretien selon les 4 R

1 commentaire

Tout d'abord merci pour cet enseignement. C'est à la fois enrichissant en terme de notions et à la fois pratique. Merci.

Je voudrais savoir concrètement comment, finalement, se passe l'entretien. Cela commence par l'accueil du patient en demandant comment on peut l'aider, puis en fonction de ce qu'il dit, mener l'entretien type 4 R. Mais du coup, je me demande à quel moment dans cet entretien, fait on l'enquête alimentaire pour connaître les consommations spontanées du patient, ses habitudes alimentaires.

De plus, si par exemple un patient parle seulement de son surpoids sans évoquer le paramètre santé, comment procéder, comment orienter l'entretien ou comment appliquer les 4 R? Par exemple, certaines patientes disent "je ne me supporte plus, il faut absolument que je maigrisse et vite"

Aussi, concernant la "progression" quel serait le rythme de rendez vous idéal? Hebdomadaire? Mensuel? Car finalement, renforcer 1 seul point par séance, cela devrait amener à une fréquence de rendez vous assez rapprochée?

Enfin, est-il nécessaire de donner un "bilan" écrit au patient?

Merci Florian pour ton attention et bonne fin de soirée.

bonjour

 

très bonnes questions!

 

Il y a plusieurs points

 

- les 4 R te seront surtout utile sur les RDV de suivi pour aborder les difficultés rencontrées par le patient.

 

- tu parles des patients exprimant leur part de souffrance face à la problématique ("je ne me supporte plus, il faut absolument que je maigrisse et vite"). Il va être important de travailler en plusieurs étapes:

1- valider la souffrance authentiquement "j'entends que c est dur pour vous"

2- faire alliance avec le patient "je suis là pour vous aider"

3- puis progressivement aider le patient à rester bienveillant envers lui et fléxible.

et ça ça sera l'objet de prochaines vidéos :) On peut toujours, notamment grace aux 4R et notre vision "contextualisme fonctionnel" l'amener à observer comment ça marche avec ce mode.

 

Petite bride d'un entretien de la semaine dernière pour illustrer ex: patient "je ne me supporte plus et il faut à tout prix que je perde du poids rapidement" thérapeute :"j'entends que c est source d'une grande souffrance" (processus de VALIDATION) patient: "oui je ne me supporte plus" Thérapeute : "j'aimerai juste vous aider le mieux possible, j'ai l'impression que quand c'est dur, vous vous mettez la pression ou vous avez des pensées du type "il faut que ça aille vite" (reflet des pensées "pression" favorisant le processus de défusion) Patient : "oui c'est ça" Thérapeute : "et j'ai 'impression que quand vous basculez dans ce mode c'est un problème" (focale : est-ce fonctionnel?) Patient : "oui je me met de la pression" Thérapeute : "c'est souvent le cas, quand un truc nous stress on se met parfois pas mal de pression" (validation, normalisation du mode : favorise la prise de distance) Thérapeute : "parlez moi de la dernière fois où vous êtes bien mis la pression" (recontextualisation) Patient: "hier, je me disais qu'il fallait que je mange light et j'ai encore foiré" (pensées avec lequel le patient fusionne) Thérapeute : "et ces pensées vous aident-elles à avancer vraiment ou vous mettent-elles une pression contre-productive?" (est-ce fonctionnel de fusionner à ce type de pensées?) Patient : "pas hyper efficace" Thérapeute : "j'ai l'impression que quand vous êtes collé à ce type de pensées ça vous met de la pression, ça ne vous aide pas et pire cela vous éloigne d'une relation bienveillante avec vous. Mais là ce n'est qu'une hypothèse. Qu'en pensez-vous?" Patient : "vous avez raison" Thérapeute : "pur résumer, avoir gagner du poids est un truc hyper stressant et dans ces moments là vous vous mettez une tonne de pression et ça ne marche pas, c est même pire et ça dégrade même votre estime personnelle. Je peux vous proposer à ce que l'on réfléchisse à des attitudes et des comportements bienveillants pour vous aider à avancer" (4r = résumé + proposition d'aide) Patient : "oui je veux bien" Thérapeute : "vous avez remarqué que parfois on bascule dans ce mode "merdique", ce mode pression, jugement, critique... je vais vous inviter à être attentif à cela, histoire d'avoir un peu de recul et de garder le cap sur une posture bienveillante, comme si vous pouviez vous aider comme vous pourriez prendre soin d'une amie" voilà pour une petite bride. Nous irons plus en profondeur dans les vidéos suivantes :) Concernant la fréquence des rdv il n'y a pas de règle, globalement une fois tous les 3 semaines + échanges de mail est bien apprécié

 

en espérant que cela puisse t'aider

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  • Je suis une patiente depuis 2 ans qui est dans un contrôle extrême, elle est aussi suivi par son psy pour ça. Et ce matin j'ai enfin réussi à mettre en place l'échelle de contrôle. Ce n'est pas encore parfait, j'ai du expliquer plusieurs fois de plusieurs manières différentes pour qu'elle comprenne et parfois lui souffler des réponses possible mais je pense avoir réussi à faire un petit déclic. Son action pour descendre de son niveau à un niveau souhaite c'est de prendre une collation. Compliqué pour une femme qui se pèse tous les matins, pèse tous ses aliments, compte les calories. Je ne désespère pas, on va arriver à descendre son niveau de contrôle. Ce poste pour dire que je suis contente de pouvoir aider plus concrètement cette patiente.
  • Bonjour Florian, Dans le e-learning à propos des compulsions, il est mentionné qu'il y aura une liste de mots en annexe pour qualifier les ressentis. Je ne l'ai pas trouvé.
  • je viens de travailler les modules de janvier, et février. Merci pour ces cours. Les fréquences sont donc plutot aversives. Et du coup, le plan alimentaire aussi j'imagine. Donc, si je comprends bien, il n'est pas opportun de donner ni de plan, ni de quantité, ni de fréquence au patient. Sauf, si c'est important pour lui et qu'il vient pour cela me semble t il! Mais alors, face à un patient dans l'hypercontrole et qui attend que tu le valides dans son contrôle voire que tu en rajoutes, alors, finalement, est-il possible d'utiliser cette approche, dans le sens, est ce que cela peut lui permettre de mettre de la flexibilité? J'ai été confronté à quelques reprises à des patientes qui étaient dans cette situation d'hyper contrôle. Elles étaient très fières et attendaient que je les valide. Qd j'ai commencé (certainement maladroitement ... je débute ...) à les amener à réfléchir sur le sens que ces comportements avaient pour elles, sur l'observation des csqt ... j'ai vu un gros point d'interrogation au dessus de leur tête. Une patiente continue à venir me voir tous les mois ... et je sais plus quoi faire. Elle m'apporte même ses livres de coachs sportifs pour que je lui donne mon avis ... Mais elle n'avance pas dans son contrôle, cherche toujours a perdre du poids, fait du sport à outrance pour maigrir ... (et cela ne fonctionne pas). J'ai essayé de lui faire prendre conscience de cet état de fait, et que ce qu'elle a mis en place ne fonctionne pas. Mais ... elle tourne en boucle et reste sur son fonctionnement (elle a des yeux tout rond et tout hermétique ... elle semble hypnotisé par ce qu'elle pense). Je me demande pourquoi elle vient me voir. Je ne sais pas comment l'aider finalement.

© 2019 Florian SAFFER

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