Émotions et régulation : de la pleine conscience aux techniques corporelles



L'alimentation émotionnelle que l'on pourrait définir comme le fait de manger en réaction à nos émotions est une problématique majeure pour les professionnels des conduites alimentaires.


Des données récentes mettent d'ailleurs en évidence que les gènes responsables du surpoids s'expriment principalement dans les circuits responsables de la récompense, zone cérébrale impliquée dans les addictions.


Bien souvent nos patients ont clairement conscience de cette problématique et tentent par tous les moyens de supprimer ce comportement problématique de leur répertoire. Leurs stratégies sont malheureusement souvent peu efficaces : essayer d'avoir de la volonté, s'occuper l'esprit...Pire ces tentatives de contrôle peuvent même aggraver le trouble et induire une alternance entre résignation et contrôle, ce qui a pour conséquence de pérenniser le problème et d'effondrer l'estime personnelle.


Pour apporter une aide efficace à nos patients il est important de comprendre comment la régulation de nos émotions fonctionne. Selon Barlow (2007) face à un affect inconfortable nous pouvons soit essayer de le supprimer soit de le tolérer.



La première attitude (la suppression) est généralement très efficace à court terme mais ne permet pas une régulation profonde. Par exemple, manger en cas de stress peut entraîner une anesthésie temporaire de l'émotion mais cette dernière aura tendance à revenir.


La seconde attitude vise à créer un contexte de tolérance à l'émotion antagoniste à l'évitement. Concrètement cela nécessite d'inviter le patient à faire quelque chose qui en apparence est contre-intuitif: aller à la rencontre de son ressenti sans lutte ni contrôle. Cela est contre-intuitif dans la mesure où ceci peut rendre plus vif la perception. Sans anesthésie l'émotion peut être ressenti de manière douloureuse et en même temps ce contact sans lutte est une condition nécessaire à la régulation de l'affect.

Les approches reposant sur la pleine conscience vont dans ce sens. Un patient ayant tendance à réagir à ses émotions peut par exemple apprendre à développer une attitude de curiosité visant à observer son expérience émotionnelle sans commentaires ni jugements. Inviter un patient à régulièrement observer ses sensations et ses perturbations corporelles liées au stress peut déjà l'aider à réguler sa prise alimentaire.


Les approches comme l'EFT (emotionnal freedom technique) ou encore le havening incorporent d'ailleurs une attitude "mindfulness" en invitant le patient à être connecté à son expérience (émotion, sensations, pensées) et à lui ouvrir les bras avec bienveillance.

Ces approches corporelles ont l'avantage d'envoyer au cerveau émotionnel un message de sécurité. Ces informations permettent au cerveau de retraiter l'information en lui retirant notamment sa charge émotionnelle excessive. Le système nerveux n'étant plus suractivé le patient peut alors retrouver une attitude de paix, de sérénité et de bienveillance envers-soi propice à des comportements plus flexibles. 










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© 2019 Florian SAFFER

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